On me dit souvent que je suis « inspirante ». C’est le summum du compliment, celui qui me drape dans une lumière dorée et qui, normalement, devrait me faire danser langoureusement à dix centimètres du sol. Être une Muse, c’est tellement extra : on devient le paysage mental de l’autre, une sorte de station-service poétique où l’on vient faire le plein de sens gratuitement avant de repartir dans sa propre vie, le réservoir d’enthousiasme bien rempli.